Géoéconomie

À Maurice, les États-Unis reviennent courtiser une Afrique déjà très demandée

Géoéconomie · Brève · 25 juillet 2026

Demain s'ouvre à Mont Choisy, à Maurice, le 18ᵉ Sommet USA-Afrique des affaires (26-29 juillet), organisé par le Corporate Council on Africa. Plus de 2 500 délégués sont attendus chefs d'État, ministres, hauts responsables américains et dirigeants d'entreprises. L'édition précédente, à Luanda, avait généré plus de 4 milliards de dollars d'accords. L'agenda 2026 couvre l'énergie, les infrastructures, le numérique, la fintech, la santé, l'agrobusiness et la finance.

Un chiffre situe l'enjeu réel. Les échanges bilatéraux entre les États-Unis et l'Afrique dépassent 70 milliards de dollars mais restent loin derrière les relations commerciales que le continent entretient avec l'Asie et l'Europe. Washington ne vient pas ouvrir un marché neuf : il vient tenter de rattraper un retard.

Le calendrier dit tout. Ce sommet se tient trois mois après que la Chine a supprimé ses droits de douane sur les exportations de 53 pays africains (1ᵉʳ mai 2026). D'un côté, Pékin abaisse ses barrières douanières ; de l'autre, Washington mise sur le bilatéral, l'investissement ciblé et les ressources naturelles, dans un contexte où l'administration américaine actuelle privilégie les partenariats au cas par cas. Deux stratégies opposées pour le même continent.

Le choix de Maurice n'est pas anodin. Petit État de 1,3 million d'habitants, l'un des revenus par habitant les plus élevés d'Afrique, place financière établie : le pays se présente en passerelle vers les économies du continent, ses propres entreprises investissant déjà en Côte d'Ivoire, au Sénégal, au Botswana et au Kenya.

L'angle que MSM retiendra : la vraie question n'est pas de savoir qui, de la Chine ou des États-Unis, courtise le mieux l'Afrique. C'est de savoir si les États africains sauront transformer cette concurrence en levier obtenir des deux ce qu'aucun n'accordait seul plutôt que de rester l'enjeu d'une rivalité arbitrée ailleurs. Un continent courtisé par deux puissances a une marge de manœuvre. Encore faut-il l'utiliser.

Redaction MSM Africa Intelligence™.

À lire ensuite